Carré 61

Carré d'étude réservé par Lea CARRILLO

Deux visages, un carré

Nom du lieu : Rue Général Ferrié

Je suis revenu sur mon carré par une matinée hivernale, où le ciel clair semblait promettre du soleil, mais où le vent mordant rappelait la rudesse du temps. Mon carré, fidèle à sa double identité, me révèle deux mondes séparés par le même bâtiment.

Du côté de la petite cour, le silence règne presque. Les hauts immeubles forment un bouclier contre le bruit de la rue, et le temps y laisse ses marques visibles : le crépi des murs craquelle, le bitume du parking se fissure, les lignes blanches s’effacent doucement. Pourtant, quelques arbres subsistent, isolés, leurs branches dressées comme pour affirmer qu’ils existent encore. La lumière peine à traverser cette cage de béton, mais lorsqu’elle trouve son chemin, elle révèle la beauté mélancolique de la patine des lieux, l’histoire inscrite dans chaque fissure et chaque ombre. Tout semble lent ici, immobile, et pourtant le souffle des passants, le cliquetis des portes et le murmure d’un vent froid rappellent que le carré vit, même dans sa solitude.

De l’autre côté, la rue Général Ferrié danse avec les voitures. Le bruit omniprésent se mêle à la chaleur du soleil sur la façade claire de l’immeuble, et la végétation, plus dense ici, résiste au bitume et aux murs. Les branches caressent les façades et jouent avec les ombres sur le trottoir, offrant des contrastes lumineux et des éclats verts dans ce paysage urbain. Le temps, là aussi, a laissé ses traces : une peinture écaillée, un banc remplacé, les habitudes des passants qui rythment l’espace. Chaque élément, même le plus banal, raconte le passage du temps et la persistance des choses malgré tout.

En traversant mon carré, je prends le temps d’observer ces deux mondes qui coexistent, l’un calme et introspectif, l’autre vibrant et lumineux. Les contrastes, les détails, le souffle des habitants et de la végétation font de cet espace un lieu fragile mais résilient, où le temps laisse son empreinte et où chaque instant devient une petite histoire à raconter.

Entre calme et mouvement, l'espace se transforme.

Corridor cyclable au cœur des contrastes urbains.

Entre nature et architecture, un ciel sans rupture.

Sous les branches, la lumière trace son chemin.

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