Carré 132
Carré d'étude réservé par Eloïse COTTON
Au seuil de deux mondes
Nom du lieu : Rue Lucien Sampaix, 38130 Echirolles
Aux premiers abords, une rue comme une autre — un dimanche après-midi, ciel gris, lumière douce. J’ai posé mon regard comme on poserait une pierre au bord d’un ruisseau : une chaussée craquelée à double sens, des résidences dissimulées derrière de hautes haies de cyprès, et plus loin, vers le sud, une colline boisée qui fermait l’horizon. Vers le nord, le contraste était net : un flux continu de voitures et des immeubles qui se dressaient, de plus en plus hauts.
En pivotant légèrement, j’ai senti la tension entre ces deux mondes.
J’ai fermé les yeux un instant pour laisser les autres sens prendre leur place. Le vrombissement des voitures et du vent couvrait souvent le chant discret des oiseaux, mais en écoutant vraiment, leurs notes ressortaient. L’odeur résineuse des cyprès longeait la rue, formant une barrière végétale entre les habitations et la circulation. Le trottoir, étroit et sombre, voyait passer de temps à autre une voiture isolée. La rue restait vide d’humains, mais pleine de bruit et de traces humaines.
En face, la colline couverte d’arbres m’a attiré. Elle m’a rappelé mes vacances chez mes grands-parents à la montagne, des terres boisées qui réveillaient en moi des souvenirs de cache-cache, de cabanes, de découvertes. Une époque sans responsabilités, simple et joyeuse. Derrière moi, au contraire, le flux continu des voitures et les immeubles symbolisaient la ville, la complexité, l’avenir, le nord, l’inconnu.
Comme si moi, le présent, debout, face à deux directions.
En tournant la tête vers le Sud, la colline, mon passé. Puis vers le Nord, la ville, le futur.
Le présent, en pleine tempête

Face au Sud

Entre le souffle des arbres et le bruit de la ville

Les sentinelles parfumées


