Carré 113
Carré d'étude réservé par Rose BOISARD
Lorsque la nature adoucit l'architecture
Nom du lieu : Avenue des Francs Tireurs, Échirolles, Grenoble
Les passants me regardent avec un air intrigué, se demandant pourquoi je consacre autant d’attention à cet immeuble devant lequel ils marchent sans s’arrêter. Je me demande s’il ont déjà remarqué la manière dont cette façade capte la lumière et la renvoie comme un éclat d’or ?
Nous avons perdu l’habitude d’observer et d’écouter, alors, assise sur le trottoir j’observe. À première vue, rien d’exceptionnel : seulement un espace reliant deux extrémités de pont. L’immeuble face à moi paraît froid et massif. À côté, le feu tricolore semble minuscule, comme écrasé par la verticalité de l’immeuble. Cette même sensation m’envahit, je tourne la tête, mon regard s’accroche à un nuage, je le prends en photo.
Plus tard, en regardant cette photo, un détail m’interpelle: mon ombre apparaît au sol, révélée par la lumière. Je n’étais pas destinée à figurer sur cette image cependant la nature m’y a inscrite. Comme si elle rappelait sa présence essentielle afin d’adoucir ce lieu et d’en dévoiler ses secrets.
En face de l’immeuble, se trouve un paysage plus sauvage, en contraste total avec la géométrie du bâtiment. Discret mais puissant, il rappelle son existence au milieu des structures humaines. Deux grands poteaux reliés par un fil électrique semblent créer un lien entre la nature et l’architecture. C’est alors que j’aperçois un petit feu piéton, vert et clignotant, dont la couleur vive et inhabituelle tranche avec les couleurs de l’automne. Il représente à lui seul l’évolution urbaine dans ce décor naturel.
Enfin, je tends l’oreille. Les sons se mélangent, formant un rythme partagé : difficile de distinguer le vent du passage des voitures. Peut-être est-ce dans cette sonorité que l’on perçoit le mieux la rencontre entre l’humain et la nature, une fusion discrète mais réelle.
Un feu vert qui clignote face à la nature, tandis que le vent et la voiture se répondent.

Un feu minuscule face à ce géant de béton, une sensation d’étouffement.

Lorsque la lumière me dessine au pied de ces montagnes.

Deux poteaux pour relier deux mondes : la nature et le bâtiment urbain.


