Carré 95

Carré d'étude réservé par Achref CHEGUETTINE

L'Héritage Oublié des JO 68 le Village Olympique

Immobile, je contemple devant moi cette longue cicatrice blanche : une palissade de tôle. Elle vibre presque dans le silence et, bien qu'elle bloque le chemin, elle ne fait qu'encadrer le spectacle, m'obligeant à lever les yeux.

Et ce que je vois me pèse dessus. Des monstres de béton. Des tours immenses, grises, qui me fixent de leurs mille yeux vides. Chaque balcon est une orbite sombre, une bouche muette. Je suis toute petite, et eux, ils sont là, comme des sentinelles d'un temps révolu.

L'air est froid. Il sent les feuilles mortes écrasées sur le bitume, une odeur d'humidité, de fin de cycle. Mais sous cette odeur, il y en a une autre. Plus tenace. L'odeur de l'abandon, de la peinture qui s'écaille, du béton nu.

Je tends l'oreille. Rien. Pas un rire d'enfant, pas une télé, pas une conversation. Le silence est si lourd qu'il en devient un bruit. C'est ça, le plus angoissant. Le vide sonore. Les seuls qui ont osé parler ici, ce sont les tagueurs. Leurs signatures colorées sur les murs du bas, c'est comme s'ils avaient essayé de réanimer un cadavre à coups de bombes de peinture.

Je ressens une mélancolie étrange. C'est un cimetière de vies. J'imagine les gens qui ont vécu là, derrière ces fenêtres. J'essaie de voir du linge étendu, une lumière allumée. Mais il n'y a rien. Juste moi, le béton froid, et ces arbres d'automne qui essaient de faire comme si de rien n'était.

 

Le Bâtiment Oublié où le Silence Prend Racine

Les Échos Figés d'un Mur Silencieux

Le Silence Gardé par la Frontière Blanche

Navigation

Mes contrôles

Cinémathèque de Grenoble

École Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble Laboratoire CRESSON - UMR Ambiance Architecture Urbanité

Développement Go On Web © 2016-2026