Carré 92

Carré d'étude réservé par Kylian HLASNY


Rue Christophe Turc, une cour à deux visages

Nom du lieu : Rue Christophe Turc

Arrivé sur cette place, mon réflexe instinctif a été de m’assoir sur un des nombreux bancs présents sur le lieu. Mes premiers regards m’ont permis de comprendre la composition de l’endroit : une cour rectangulaire, avec sa petite aire de jeu, entourée de végétation abondante et délimitée par plusieurs bancs publics, le tout enfermé par des immeubles sociaux, très charismatiques du village olympique. A première vue, cette place aux abords d’un lieu social, propice aux rencontres, est à l’inverse finalement très calme, voire par moment, désertique. Je ne m’attendais pas à ressentir de telles impressions au village olympique. J’avais la sensation d’être dans une petite bulle en pleine ville. Seul le chant des oiseaux et le vent caressant les feuillages aux alentours se présentaient à moi. Une perception d’un temps suspendu, stoppé, façonne une ambiance agréable et rentre en contraste avec tout le dynamisme et le stress de la ville.
Mais avec plus d’attention, je me suis senti à ma place et à la fois étranger : quelques regards m’observaient sans relâche et même quelques rares enfants, passant par-là, ne s’approchaient pas de l’air de jeux proche de moi. J’ai pu me rendre compte du côté très intime que porte cette petite cour. En effet, un fond sonore commence à devenir plus apparent et alors une vie plus cachée s’ouvre à mes sens. Dans différents appartements, les discussions de certaines familles se détachent en toute insouciance du calme ici présent. Les odeurs de quelques bons plats excitent mon odorat et mon appétit par la même occasion. Le jeu des lumières des appartements qui se répond entre eux. La place était promise aussi à quelques passants et activités. Quelques jeunes se regroupaient dans des coins discrets, des résidents rentraient chez eux et par moment saluaient un voisin ou deux. Le calme et la tranquillité nous abordent en premier passage et une vie timide et discrète émergent par la suite nous laissant emporté dans le quotidien du lieu.

Le silence, la nature et la lumière créent une harmonie spatiale laissant à peine percevoir l’intimité des habitants.

Un ilot de jeux se noyant dans une marre de béton environnante.

Une invitation au repos et à l’observation.

La monotonie pesante de ces façades nous font perdre tout sens spatial.