Carré 81

Carré d'étude réservé par Anaïs MICHELOTTI


Intrusion

Nom du lieu : Résidence Vigny - 104 avenue de la bruyère, 38100 Grenoble

J’arrive devant un bâtiment. Je me rends compte que nous ne pouvons pas y entrer depuis l’extérieur si l’on ne possède pas de badge. J’attends, en espérant qu’un habitant vienne à ma rescousse. Rien. Cet espace est complètement privé et les îlots, totalement inaccessibles. Je prends donc mon courage à deux mains et me dirige vers un portail permettant de pénétrer dans l’enceinte, afin de l’escalader. Une fois à l’intérieur du parc, je vois une vieille dame à sa fenêtre interloquée par ma présence. Je me sens observée, avec un sentiment de ne pas être bienvenue.
La première chose que je remarque est la forte végétation du parc, en effet elle est très présente et occupe bien l’espace. De plus, le feuillage des arbres de par cette période automnale vire dans des tons rouges-orangés, se mêlant totalement aux bâtiments autour de moi qui sont dans les mêmes teintes de couleur.
Ce jour-là je suis seule dans ce parc, mais j’entends de nombreux sons, des échos, dus à la façon dont les bâtiments sont agencés. Peut-être suis-je seule ici, car les habitants ne veulent pas sortir par peur de la maladie ? Je remarque par la suite de nombreux panneaux exposant des restrictions d’usage et c’est sans doute également pour cette raison qu’ils ne sortent pas, ce qui est bien dommage, car cet espace est très apaisant et agréable. L’air ici me parait plus pur que dans la rue, et on ne s’imagine pas être en ville, aucune montagne n’est perceptible, ce qui est très rare à Grenoble. Je me lève du banc afin de faire le tour du parc, je remarque une légère pluie qui s’abat sur moi, le son du gravier sous mes pas et quelques oiseaux volant d’arbres en arbres, en chantant. Au moment de sortir je tente d’ouvrir la porte menant au hall d’entrée. Elle s’ouvre. Je suis saisie par une odeur agréable et par la chaleur de l’intérieur du hall, mais un élément à l’extérieur me retient et je la referme pensant pouvoir la rouvrir ensuite. Et bien non, il va me falloir escalader la grille de nouveau…

Le vent berce lentement les arbres du parc, apportant fluidité et apaisement au lieu.

Le lieu est impénétrable, protégé.

On observe une sociabilité de quartier plutôt conflictuelle.

Sur un des bâtiments sont présents des volets en bois, ce qui peut paraître étonnant.