Carré 8

Carré d'étude réservé par Clélia BONNARD


Une échappée au sommet

Nom du lieu : Plateau au nord du Fort de la Bastille

Le 22 octobre 2020, au petit matin.


Je grimpe les marches d’un escalier raide en bois, et trouve au sommet un plateau de nature. Je marche droit devant moi, invitée par une haie d’honneur formée par les bras d’arbres aux couleurs flamboyantes. Soudain, apparaît sous mes yeux un vaste panorama de la capitale des Alpes entourée de ses massifs rocheux. Le ciel est terne et gris, la nature en train de se teinter de jaune, et la ville encore endormie sous la brume d’automne.

Un vent frais s’immisce insidieusement sous ma veste et une fine pluie vient défier l’encre sur mon papier. Je me réfugie sous les arbres, où un coin d'herbe m’invite à m’asseoir.

Au-dessus de moi, les branches des arbres vacillent et quelques feuilles tombent sans un bruit.
Une pie se promène tranquillement, faisant grésiller sous ses pas les feuilles sèches tapissant le duvet d’herbe. Elle épie une branche sèche, puis rejoint d’un majestueux battement d’ailes le sommet d’un muret en face de moi. Elle le parcourt, trajet aléatoire à mes yeux humains, puis disparaît dans la brume.

Ma vision se détourne sur le sol et sa verdure déclinante d’octobre. J’y découvre une zone circulaire, où l’herbe ne pousse plus, et où la caillasse se montre fièrement. C’est l’endroit d’un feu, pendant les chaudes journées, où l’on se réunit pour partager un instant et des grillades, le rire et le sourire aux lèvres. Des amis assis près de la chaleur des flammes, le crépitement des braises, l'odeur âpre du charbon et gourmande de la guimauve grillée, la douceur d’un soir d’été.

Des pas frappent le sol et mon esprit. Un coureur vient de me passer à côté. Je me concentre pour discerner le lieu d’où s’éloignent ses foulées, mais elles se fondent déjà dans le fond sonore ambiant. Mes oreilles s’attardent désormais sur le bruit de la ville plus bas. Le soleil s’est levé, j’entends des klaxons, le son perçant d’une ambulance, la valse étouffée des moteurs de voitures.

Il est temps de rentrer. La journée va commencer.

Des arbres qui dansent avec le vent, et la brume comme un drap sur la ville qui s'éveille.

Scindement du sol, faisant émerger la ville dans le paysage.

Aménité de la nature. Traces d'usage sur le sol montrant la présence récurrente d'amateurs de barbecues.

Une pierre pour s'asseoir et contempler la vue. De frêles arbres parant la pluie ou protégeant du soleil selon la saison.