Carré 73

Carré d'étude réservé par Maxime EVRARD


Stade/Parc du Clos d'Or

Nom du lieu : Stade du Clos d'Or, 11 rue de Stalingrad, 38100 Grenoble

Fin de matinée. Le temps s'est éclairci après une matinée pluvieuse. On peut entendre au loin les bruits de la circulation, mais ils sont atténués, distants. L’environnement du parc rend l’atmosphère plus calme, presque plaisante. En bordure du parc, la machinerie de la piscine voisine ronronne doucement, un bruit sourd qui complète le fond sonore. Régulièrement, un coassement de corbeau vient briser cette monotonie. Ce n’est pas un cri aigu et strident, mais un bruit plat, muet, presque comme un bâillement. Ce parc rend tout plus calme.

Au-dessus de moi, les conifères s’égouttent lentement. Les tapotements réguliers rythment mes pas, et donnent l’impression que l’orage vient de passer, même si la pluie s’est estompée depuis fort longtemps. Le sol est toujours imprégné de cette eau, presque boueux par endroits, ce qui rend ma démarche plus prudente.

Lors de ma déambulation, je croise quelques promeneurs. Masqués, ils s’efforcent de garder une distance “de sécurité”. Les chiens n’ont pas cette préoccupation, et essaient constamment de venir me voir, au grand dam de leurs propriétaires. Eux me dévisagent avec courtoisie, mais méfiance aussi, une crainte presque imperceptible de ceux qui nous entourent. Voici le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Le stade occupe une grande partie de mon carré, mais il est inaccessible, encore plus dans le contexte actuel. Je ne peux qu’observer ce grand rectangle de pelouse verte resplendissante à travers les grillages rafistolés. Entouré par des tours d’habitation, il devrait être un lieu de rencontre, d’échanges, de plaisir. Mais ce plaisir a été enlevé à tous, dans le but de préserver notre bien-être... Ce stade devait être le point focal de mon exploration, il est devenu une barrière. Générateur de rencontres, il est devenu vide. C’est avec regret, presque nostalgique (déjà !) que je l’observe, silencieux, vide (un comble !). Nous vivons décidemment dans une époque incroyable.

19 Novembre. L'ambiance calme est perturbée par des travaux environnants. Un signe de vie dans cet espace vide.

19 Novembre. Mi journée environ. La chaîne sur la porte d'entrée du stade donne une indication claire de la situation actuelle.

19 Novembre. Le "city" a côté du stade est lui aussi vide, les feuilles s'étalant sans perturbations.

11 Janvier: Le local de la piscine municipale se prête à des illustrations plus ou moins réussies des artistes du coin.