Carré 67

Carré d'étude réservé par Zoé DUMONT


Un lieu en perpétuel changement

Nom du lieu : Rue Stalingrad, Arrêt Eugène Sue

11h00 une matinée de Novembre, la météo y est encore douce. Les gens pressés, se frayent un chemin avec une certaine distance sociale, en raison de cette étrange période. Moi non. Je reste là impassible, laissant une pointe de chaleur effleurer le bout de mon nez. Le calme absolu n’y règne pas, il est rythmé par le bruit saccadé des moteurs et le crissement des pneus roulant à allure modérée. Des taules de couleur blanche abîmées par quelques passants mal intentionnés entourent un grand terrain et dissimulent des engins de travaux ainsi qu’une grue, qui semble, s’élever bien plus haut que le ciel. « Chantier interdit au public » est inscrit. Ma curiosité interpelle un ouvrier qui me regarde d’un air étonné. C’est drôle les contrastes ! Derrière le passage des voitures, de l’autre côté de la route, la verdure est éclatante et dévoile un petit parc ressourçant. Dans ma tête je m’imagine alors quel calme régnait autrefois au delà ce ces barrières.

16h00 une après midi de Janvier, la météo est cette fois-ci glaciale, c’est à peine si j’arrive à sortir du bus. Je lève les yeux et plusieurs flocons viennent délicatement se poser sur mes cils, les gens sortent du bus emmitouflés dans leurs vêtements et leur masque, ils pressent le pas, ils ont froid. Mais moi, le regard dirigé vers le ciel, je souris. Le ciel est maussade mais les premiers flocons, eux, ne sont pas tristes, cet endroit me parait transformé. Le bruit des voitures n’est plus le même. Leur pneus effleurent maintenant un sol mouillé et en fermant les yeux à entendre ce son, j’aurais pu croire à une averse d’été. Aujourd’hui les travaux s’activent dans un bruit de fracas, sous la neige. Un panneau s’est implanté. Il y est inscrit : « établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ». Je pars, heureuse d’avoir enfin décelé le secret de la rue Stalingrad et à la fois rassurée de voir que cette endroit allait retrouver sa sérénité passée, pour accueillir la douce retraite des personnes âgés.

La rue Stalingrad s'éveille méconnaissable...

La verdure éclatante entourée de pollution sonore...

Un chantier interdit au public : une pression exercée sur les passants.

Le chantier se dévoile sous un manteau blanc.