Carré 55

Carré d'étude réservé par Justine VOEGELIN


L'impasse de la rue de Stalingrad

Nom du lieu : Impasse transversale à la rue de Stalingrad

La rue de Stalingrad est animée mais silencieuse. Un peu contradictoire avec ce nom qui m’évoque la guerre et le chaos. Quelques voitures passent dans un vrombissement discret. Les badaud se pressent et me dépassent en me jetant des regards de méfiance. Que fait-elle là avec son appareil photo? Cette rue et ce quartier n’ont pourtant rien de spécial: on la traverse sans s’attarder, on y passe en voiture sans ralentir, il n’y ni bus, ni tram à proximité. Pourtant, je marche lentement, le regard vagabond allant et venant. Mes yeux sont attirés par le signe”voie sans issue”. Une impasse: je m’y engouffre. D’un coup, tout est différent: c’est plus étroit, plus petit. De la rue quasi silencieuse et grise que je viens de quitter je ne perçois plus rien. Ici, c’est beaucoup plus bruyant, beaucoup plus lumineux, mais plus apaisé aussi. Le pépiement des oiseaux, le crissement des graviers sous mes pas, le bruissement des feuilles dans les arbres et dans le lierre couvrant cette façade viennent rompre le silence assourdissant de la rue de Stalingrad.
Cette impasse semble hors du temps. J’avance: me voilà de retour aux années 70 avec cet immeuble bas et sobre. Quelques pas et je me transporte ailleurs. Qui donc habite cette belle maison grise et blanche? Entre la verdure et ce panneau de bienvenue à l’effigie d’un chat, je songe immédiatement à une gentille grand-mère. Une autre un peu plus loin me fait penser à un temple romain. Ses colonnes encadrant l’entrée s’imposent au regard des voyageurs du temps plongeant dans cette impasse. En quelques dizaines de pas, je voyage d’un espace à un autre, d’une époque à une autre, d’un monde à l’autre… Me serais-je perdue dans les méandres de cette petite impasse jouxtant la rue de Stalingrad? Elle me semblait si petite en premier lieu mais plus je m'y enfonce, plus elle s'agrandit, révélant ses mondes cachés.

Cette maison m'interpelle. Bati et nature se mêlent: l’un ne pourrait être sans l’autre.

Encore quelques pas et se dresse devant moi une maison aux façades mystérieuses et verdoyantes, quels secrets renferme-t-elle?

Et là-bas, au fond de l'allée, la maison aux volets bleus me rappelle celle évoquée dans les contes et les chansons…