Carré 53

Carré d'étude réservé par Inès MORET


Entre espoir et nostalgie

Nom du lieu : Rue de Chamrousse, paroisse de la Sainte Famille.

J'arrive rue de Chamrousse, il est 19 heures. Le clocher sonne lentement donnant un semblant de rythme à la rue. En effet, ce lieu de passage n'est que très peu emprunté. Nous sommes le 30 novembre 2020 en pleine période de confinement partiel. Cette rue abrite essentiellement un long courant d'air glacé. Accompagnés du croassement des corbeaux, les rares passagers marchent silencieusement. Lorsque je tourne la tête et que je perçois la paroisse un sentiment de vide m'envahit. On remarque une absence. L'église présente juste derrière quelques années plus tôt n'existe plus, partie dans un incendie en pleine nuit.
De l'autre côté de la rue, les immeubles ne possèdent aucun balcon. Nous sommes face à une façade monotone, presque sans vie. Quasiment tous les volets sont fermés, de rares faisceaux lumineux s'en échappent. Ces grands immeubles rendent la rue très étroite, comme un passage secret emprunté seulement par quelques voisins habitués.

De jour je perçois une toute autre ambiance. La rue devient plus chaleureuse et animée, presque trop. A côté de la paroisse, de grands échafaudages me surplombent. Le bruit envahit instantanément l'espace. La rue est peuplée mais ses occupants sont pressés, ils ne font que passer. Je me réfugie alors dans la paroisse pour capter un moment de calme. Nous y trouvons une petite salle de prière pour remplacer l'église. Elle est sobre et exiguë, représentant un mélange d'espoir et de nostalgie.

Contraste, un volet fermé laisse place à une vie active extérieure et un volet ouvert nous laisse imaginer la vie à l'intérieur.

Un brouillard épais enveloppe la rue, donnant une impression froide et monochromatique.

Depuis l'intérieur de la paroisse, vue sur la rue à travers une grande fenêtre divisée.

Une passante éclairée par des lampadaires réguliers marche hâtivement sous la neige.