Carré 5

Carré d'étude réservé par Sofiane BELHADJ


Un peu de silence

Je sens qu’il va faire jour, mais je n’en suis pas certain... Je me lève, enfoui sous le gravier étouffant. La lumière du jour vient délicatement me réchauffer en ce temps glacial. A peine lever, j’entends du bruit, à gauche, à droite, dans toutes les directions en fait. Puis un mouvement rapide et brusque qui fait trembler le sol. Des hommes courent à toute allure et ce rythme sonore fait fuir mes amies les bêtes, qui se dirigent, paniquées, vers les troncs d’arbre, sous la terre, ou vers les plantes aux branches tombantes. Pourquoi courent-ils ? Je me demande encore l'intérêt de cette pratique ma fois épuisante. Pour ma part j’ai beau courir ne serait-ce quelques mètres je suis déjà essoufflé. J’arrive à escalader une sorte de poutre pour prendre un peu de hauteur, afin de voir ce qu’il se passe. A gauche, un paysage qui me paraît splendide. Une flore riche et feuillue, respirant la vie, avec une faune surtout d’insectes qui l’est tout autant. Un bon festin pour mon estomac timide. A droite, un tout autre décor, j’arrive à discerner les feuilles mortes tombant de l’arbre. Quelque chose me paraît différent que d’habitude, quelque chose d’étrange, pourquoi des masques? Nouvelle mode pour tenir chaud aux visages? Pour ma part, je n'en ai absolument pas besoin, ma peau pâle et poudrée par le gravier me tient largement chaud, même trop chaud. Une demoiselle se tient debout face à moi, le pied fixé dans le sol, elle ne bouge pas, elle arrête le temps avec elle. J’aime cette impression calme et relaxante qu’elle dégage, elle ne court pas, elle n’est pas brusque, comme si elle me respectait. Un grand panneau dont je n’en comprends pas réellement le sens vient gâcher à lui seul la vue sur les montagnes. Après quelques heures de souffrance auditive, plus aucun humain à l’horizon, à part cette demoiselle qui ne dérange pas plus que ça, laissant la vie sauvage reprendre son cours normal. Oui, c’est moi, le hérisson, aveuglé par la peur des hommes.

De ma vue désordonnée, un tripe point de vue se forme devant moi. Le proche, l'ambiance du croisement et également la vue sur la métropole

Voici ce fameux panneau. La vue perd de son charme vous ne trouvez pas ?

Un de mes coins préférés, rencontre entre manger ou être manger.

J'opte parfois pour des baies sauvages, même si cette fois je préfère apprécier la vue de ce beau crépuscule aux couleurs apaisantes