Carré 49

Carré d'étude réservé par Théo ALBERELLI


Au croisement de deux univers...

Nom du lieu : Croisement Bd. FOCH et Ch. de la Capuche, Intermarché Foch

L'ambiance qui règne sur le boulevard est oppressante : les gens sont pressés et impatients ; qu'ils soient à pieds, à vélo, à trottinette ou en voiture, ils sont chargés, physiquement par leurs courses ou mentalement à cause d’un possible retard, du chemin vers le lieu de travail ou d'étude. Les bruits incessants de moteurs de voiture, des sirènes qui retentissent ou encore le frottement du tram sur ses rails contribuent à cette ambiance anxiogène. Tout est bruyant, tout est dérangeant, presque hostile.

Ici, l'humanité se perd: des véhicules, motorisés ou non et les masques effacent peu à peu l'aspect humain du lieu. L’expression du visage des piétons a disparu, les voix étouffées… Les mouvements rapides et saccadés des voitures s'arrêtant au feu et klaxonnant d’impatience répondent aux lumières dansantes des feux tricolores, phares et enseignes lumineuses. Mon regard est sans cesse attiré par les éléments dispersés autour de moi. Cela contribue à ma sensation d’oppression. Je me sens seul, immobile et étranger face à ce chaos organisé.

D'un autre côté, le chemin de la capuche, véritable césure où tout semble figé. Les bruits ont miraculeusement disparu en 10 pas, l'espace est contiguë et terne. La seule source colorée vient des graffitis sur les parois des bâtiments. Je tousse. L'écho me le renvoi (heureusement, j'ai mon masque !). L’ambiance est comme inversée dans cet espace isolé. J’ai l’impression d’être le seul en mouvement.

C'est à ce croisement que tout s'oppose, se complète. Comme deux univers bien distincts, bien qu'éloignés de 10 pas. Que représentent ces 10 petits pas? Une transition peut-être. Les bruits pourraient s’atténuer au fur et à mesure où je m’éloigne du boulevard Foch. Non. C’est une sensation à part, les bruits ne s’atténuent pas mais un écho les amplifie, les déforme et crée une ambiance étrange, mon cerveau sait que les bruits proviennent de Foch, mais mes oreilles ne discernent pas les sonorités.

Les bruits et lumières venant du Boulevard Foch en heure de pointe (Mais en confinement...). Ils se répondent et s'organisent en lignes parallèles.

Une ligne pour les piétons, pour les vélos, pour les voitures, pour le tram. Chaque mode de transport s'organise de manière parallèle et symétrique.

Une rangée de vélos, rangés proprement devant Intermarché. Les gens se pressent pour faire leur courses avant la fermeture du magasin

Chemin de la capuche, rue déserte. Les murs ne sont pas parallèles, je les suspecte de créer cet écho si particulier au croisement...