Carré 33

Carré d'étude réservé par Iona BERTHON


Calme urbain

Nom du lieu : Immeuble au coin de rue place VH & rue Paul Bert

Samedi, 17h. En plein centre ville, trouver le lieu exact se révèle un peu compliqué les rues se ressemblent, particulièrement les immeubles  : styles haussmanniens avec balcons en fer forgé et taille imposante, façades sombres. Le mien se situe place Victor Hugo, encadrant l’îlot de verdure, en face du Burger King. Arrivé au coin de la rue, au même instant un vieil homme pousse la lourde porte de bois, vite je me faufile. Un splendide vestibule me domine de par sa hauteur et ses dorures. Vue sur la cour, personne aux fenêtres. L’œil est attiré par ce coin de jardin au loin, jeu de contraste avec les murs gris. Plus on s’élève plus la vue devient superbe. Les voix résonnent puis ricochent sur l’escalier de spirales, semblable à l’ambiance d’une église solennelle, impression accentuée par sa richesse affichée et l’omniprésence du silence. Les grandes portes, ornées de poignées dorées, pareilles aux entrées tout en hauteur des bâtiments religieux.
Rendez-vous place Victor Hugo un mercredi à 18h. Elle est en retard, seule, j’en profite pour me retrouver face à face avec l’immeuble. Assise sur un banc, la rue nous sépare, des camions de livraison dissimulent le bel immeuble. Derrière moi la fontaine et sur ma droite un jeune couple. Diversité de générations, certains assis à discuter, d’autres trop pressés pour s’arrêter. Lieu de rencontre donc.
Il est 9h20, nous sommes un vendredi de confinement. Munie de mon carnet je fais mine de croquer la façade tout en surveillant les nombreux va-et-vient. Chaque bus apporte son lot d’individus, tous semble partir au travail. Tout à coup, le bruit de la ville est masqué par de la musique, tournant la tête à gauche, un jeune est adossé, écouteurs à plein volume. Ça ne me dérange pas. A droite surgit un monsieur, conversation sur le projet, dérive vers la pandémie, il sort une cigarette, ce n’est pas un habitant. Assise sur un muret depuis longtemps maintenant, le froid se fait ressentir, j’en profite pour dire au revoir et repars.

Immersion un vendredi matin, 9h.

Jardin au loin

Riche vestibule

Apparition