Carré 31

Carré d'étude réservé par Alexandra GROS


L’unique spectatrice d’un vide déroutant

Nom du lieu : Place Victor Hugo

Il est 8h20, mon tram s'immobilise à l’arrêt Victor Hugo. Je sors du tram, je suis immédiatement frappée par ce froid saisissant qui me fait presque regretter cette petite sortie matinale. Après quelques mètres, je me retrouve face à cette place, je lève les yeux et aperçois des bâtiments haussmanniens, ils constituent comme une enceinte autour du parc. Je m'assois sur un des multiples bancs verts. Muni de mon carnet à dessin et d'un stylo, je note tous mes ressentis. Afin de faire appel à tous mes sens et ainsi mieux cerné l’espace, je décide de fermer les yeux. Dans le parc, il n'y a pas d'odeur particulière mais je peux ressentir une certaine humidité dans l'air qui est très présente et même un peu oppressante. Au premier plan, de façon très régulière, j'entends le tram qui s’arrête puis redémarre, le bruit des moteurs de voitures et de bus qui ronflent dans les rues. Ce bruit est omniprésent et constitue un fond sonore. Si on se concentre un peu plus et que l'on fait abstraction des bruits liés au paysage urbain on peut entendre le clapotis de l'eau qui jaillit de la fontaine puis retombe dans le bassin. En ouvrant les yeux, j'observe que la place est presque vide, les seules personnes qui passent marchent d'un pas rapide et sont emmitouflées dans leurs vestes. Le fait d’être seule dans ce parc habituellement animé me donne l'impression d’être privilégiée, comme l'unique spectatrice d'un spectacle plutôt banal : l'entretient de la place. Ainsi je peux voir un balai d'agent d'entretien qui s'active afin de rendre la place fonctionnelle pour les Grenoblois. J’aperçois 3 équipes différentes, l’une se trouve dans la fontaine, muni d'épuisettes, ils s'occupent de ramasser les feuilles tombées dans la fontaine. Si on ne prend pas le temps de s’arrêter on peut penser que le lieu n'est pas reposant mais on découvre en réalité un lieu ressourçant, qui forme comme une bulle et permet de nous évader du rythme stressant de la ville.

L'étrange vide de la place Victor Hugo à l'heure de pointe

Deux agents d’entretiens épuisettes à la main, qui s’affairent au nettoyage de la fontaine

La place Victor Hugo désespérément vide

La fontaine vidée afin d'éviter que l'eau ne gèle pendant l'hiver