Carré 291

Carré d'étude réservé par Sarah POLOSSAT

Un espace urbain à part : lorsque le vide se rempli...

La ville, un espace qui grouille de vie, de gens, de bâtiments. Elle concentre les bruits, les odeurs, la matière : l’espace est rempli. La première fois que je me suis trouvée derrière ce Kiabi, c’était pourtant vide… c’est ce que j’ai pensé. Une poubelle bleue, trois portes, le goudron, les murs blancs… Les bruits de la route, de l’eau qui s’abat sur l’asphalte, personne. L’humidité qui prend le nez, l’odeur de l’essence parfois. Finalement, le calme. Pas âme qui vive, seulement les automobiles qui s’arrêtent et repartent.
Le vide, c’est l’absence de quelque chose. Est ce que cet espace est vraiment « vide » ? C’est ce qu’on nous a demandé. J’y suis retournée, accompagnée d’ un bon livre que je redécouvrais pour la cinquième fois, page après page, dans cet endroit où je me sentais si mal à l’aise. Au fur et à mesure du temps passé, ce lieu m’est devenu plus familier, plus doux, un peu à part. Est-ce le ronronnement des moteurs qui berçait ma lecture ? Ce mur sale qui me tenait compagnie ? Ou bien cette benne au bleu criard et son inscription E1335 qui agressait le regard ? Peut-être un peu de tout cela. C’est un mélange de froid qui engourdis les doigts, de l’odeur âcre de la route mouillée, le bruit habituel et omniprésent de la circulation routière, le défilé de véhicules au fond, lointain.
Cet espace urbain, entouré par les commerces et pourtant si peu rempli de cette agitation typiques des zones commerciales. Il est mis à distance, encastré dans ces murs blancs, à l’écart des foules qui remplissent les magasins alentours. Il n’est pas l’espace que l’on occupe habituellement. Peut-être est-ce ce caractère inconnu, que l’on côtoie, que l’on sait présent mais qui reste à l’écart, qui donne cet impression de vide. Pour retrouver le plein, il faut y passer du temps, apprendre à le connaître, à l'apprivoiser. Peut-être pas celui de la ville, comme on le pense à priori, mais le plein tout de même.

Vidéo prise à 10h30, début novembre.
Paisible, seuls les voitures et les camions viennent perturber le silence et l'immobilité des lieux.

Prise à 11H00, fin octobre 2022.
On voit au loin la benne bleue, sur la droite le bâtiment Kiabi, sur la gauche un mur délimitant les entreprises.

Prise à 10H00, début novembre 2022.
La benne au premier plan, la route un peu plus loin. C'est un long couloir, je m'assaillais à gauche pour lire.

Prise à 10h00, début novembre 2022.
La route, beaucoup plus proche, avec une vue sur le portail de Kiabi et Carrefour Market

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