Carré 276

Carré d'étude réservé par Oksana FIRSOVA

Tout un ciel est dans une goutte de rosée, toute une ville dans un coin de sa rue

Nom du lieu : Parking de la résidence universitaire Gabriel Fauré

La trace de l'humanité: une cigarette abandonnée sur le trottoir. Une feuille solitaire se trouve dessus, la recouvrant; c’est la nature qui essaie de cacher nos actes honteux. Je jette un œil sur les poubelles à proximité.
Mon regard se tourne vers la lune. Elle est éclipsée par les lampadaires. Bref, c'est déprimant. Je me frotte les mains pour les réchauffer.

Les humains vivent dans une enveloppe qui les protège. C'est nous qui l'avons construite, mais maintenant elle pourrait nous dévorer.

Mon souffle se transforme en petits nuages. Je pense à deux filles ivres - quelques-unes des rares humains qui sont passées par le parking au cours de la dernière heure. Elles riaient, clairement immergées dans leur propre ambiance, ambivalentes par rapport à la solitude du lieu. Pour elles, le parking était une transition. Pour moi, c'était une destination.
« Ai-je déjà rendu visite à un parking auparavant ? »

J’entends un hélicoptère. Une sirène de pompiers le suit. Le parking reste immobile.
Me frappe un soudain rayon de lumière. Un ronronnement m’approche.

En entendant la voiture arrivée, j'ai eu le souffle coupé, aussi étrange que cela puisse paraître, je ne m'attendais pas à une voiture. À présent, je me suis déjà habituée à la solitude et je n'ai besoin d'aucune compagnie. Ce parking est devenu mon espace intime. Je me sens perturbée, et interrompue.
Elle plonge hors des ténèbres.
L'inquiétude remonte à la surface. Il fait nuit. Je me force à regarder les lampadaires près de la résidence.
Après avoir attendu le passage du chauffeur, je me promène un peu. Encore une fois, l'ambiance du lieu s'est rétablie. C'est à cause de moi. Ici, le temps est collant. Peut-être qu'il s'est coincé quelque part entre les voitures vides.

Je donne un coup de pied à une châtaigne tombée. Ah, il y a des châtaignes. J'arrête.

Comment je me sens?
Consommée par tout l'extérieur, distraite par tout l'intérieur.

Le parking la nuit. Quel piège.

Le bruit de fond passe au premier plan.
Les humains façonnent l'environnement, puis l'environnement les façonne, ex. l'héliotropisme des voitures.

Les voitures attendent. Cet endroit existe que dans le présent, mais on se préoccupe de l’avenir. On vient ici pour partir, affronter le transitoire.

En approchant des buissons, je sens la verdure. L'arbre accompagne le réverbère. La lumière dans la fenêtre du bâtiment scintille.

La lune et la lampe. Une collision de lumière et d'obscurité. Artificiel et nature. Et pourtant, je préfère la lune. Peuvent-elles coexister ?

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