Carré 259

Carré d'étude réservé par Florent LACAU

Une fausse régularité

Nom du lieu : Avenue de Verdun - Départementale 1090 / La Tronche, 38700

Nous sommes jeudi, il est midi passé. Après une matinée humide et grise, les nuages se dissipent et la chaleur se fait vite ressentir.
A cette heure là, les vélos et les coureurs sont partout. Après avoir longé les berges de l'Isère, ils traversent le pont, dans un sens ou dans l'autre. Seuls ou par groupe, impossible de ne pas croiser leur chemin. Mais le bruit des chaussures et des chaînes se mêle aussi à celui des corbeaux. Au dessus de l'Isère, ces derniers enchaînent les va-et-vient entre arbres et pylônes électriques.
En se retournant, à mesure que le regard se porte vers la route, trois espaces se distinguent. Au plus proche, la station essence, presque constamment inoccupée. Devant elle, des véhicules passent à allure modérée pour ensuite s’engager sur la départementale. Enfin, ceux déjà sur l'axe traversent à vive allure. Le regard se perd dans cet agencement croissant. Quant aux oreilles, elles captent le bourdonnement homogène des moteurs. Souvent, le passage d'un camion se distingue par une complainte plus grave qui s'atténue au plus elle s'éloigne. Sur le pont, à moins d'y prêter toute son attention, il est presque impossible de discerner le passage des tramways. Aussi, des sirènes viennent régulièrement s'imposer. Ces cris stridents prennent le dessus et, l'espace d'un instant, nous transmettent un certain mal-être. Ambulance, police ou pompier, tous diffusent à travers cette sirène la douleur des maux qu'ils s'empressent d’atténuer.
Mais parfois tout s'arrête. Pendant 3 ou 4 secondes le bruit disparaît. Ce sont des moments rares ont le bruit des moteurs n'est plus qu'un écho lointain. Alors, on entend distinctement le craquement des feuilles sèches qui se posent sur le sol, les cris des corbeaux, les rails du tram qui crissent légèrement au dessus. Ces instants sont semblables à des respirations, comme si on sortait la tête de l'eau. Et puis tout reprend d'un coup. Notre inconscient le sait mais les sens se laissent surprendre.

D'un côté les voitures sur la départementale, de l'autre elles longent la station essence Entre les deux, l'arrêt des bus amène un semblant de pause.

Malgré ses couleurs d'automne, un air de faux semblant. Entourée d'infrastructures, cette ligne de nature semble avoir perdu de son authenticité.

Sous le pont qui surplombe l'Isère, coureurs et cyclistes décrivent un flux quasi incessant. Au dessus, les trams passent à toute vitesse.

De part et d'autre les voitures défilent : deux routes, deux vitesses. Au bout de l'avenue, la tour Perret se dessine.

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