Carré 23

Carré d'étude réservé par Juliette MATHY


Quai des passages

Nom du lieu : Intersection du quai Stéphane Jay et de la rue Belgrade

29/10, la veille du confinement
Je me promène souvent le long de l’Isère. Aujourd’hui, la ville est bruyante, presque oppressante. Il y a un décalage entre la circulation au ralenti et l’agitation des personnes dans leur voiture. Tout le monde veut profiter de cette dernière journée. Il y a quelques piétons et cyclistes, mais aucune interaction, pas même un échange de regard entre les passants. Seul un enfant inconscient du contexte actuel, chantonne d’un air joyeux.
J’élève mon regard vers l’autre rive où tout a l’air plus calme. Les bâtiments colorés diffractent la lumière de cette journée blanche. Les allers retours répétitifs du téléphérique rappellent l’ambiance sonore cyclique des moteurs des voitures. Au loin, s’offre à moi, une vue panoramique des sommets de Belledonne tout juste enneigés. De l’autre coté, les falaises du Vercors prennent aussi place dans le décors.
Pour revenir vers la rue Belgrade, je me faufile entre les voitures arrêtées sur la chaussée. Certaines personnes sont impatientes de s’insérer sur la route principale et s’énervent. En rentrant dans la rue, le fond sonore s’atténue à mesure que je pénètre dans la ville.

7/12
Le quai est encore bruyant, mais l’ambiance est plus apaisée. Je m’accoude sur le muret froid et me penche pour regarder l’Isère. En bas, une petite route longe le fleuve : la voie sur berge. Les voitures roulent vite, je ne suis pas rassurée. J’observe une alternance entre des convoi de véhicules et des moments où les quais sont déserts.
Engourdie par le froid je décide de quitter la berge. La nuit tombe, la rive d’en face parait lointaine. Si je plisse les yeux, des milliers de cercles colorés apparaissent. Les lumières des lampadaires, des feux et des décorations illuminent la ville.
Au passage piéton, une voiture me fait signe de traverser. Je rejoins alors la rue Belgrade et m’engouffre à nouveau dans la ruelle. Certains commerces sont encore fermés, j’espère qu’ils rouvriront bientôt.

"La voie sur berge" sépare la ville du fleuve.

Un quai très bruyant, une marche pressée des passants, en opposition avec les couleurs douces et chaudes des bâtiments de l'autre rive.

Un pont entre génération, support d'expression.

Les sommets enneigés de Belledonne se fondent entièrement dans le paysage.