Carré 2

Carré d'étude réservé par Antoine BRETON


Prendre de la hauteur

Nom du lieu : Nul part

470m, c’est l’altitude à laquelle je dois m’élever. J’ai pu tester différentes manières de m’y rendre à pieds, à vélo, en courant, et par différents trajets, routes, chemins, escaliers… Tant de façons de s’épuiser pour pouvoir finalement profiter de l’instant présent de manières distinctes. Une fois arrivé c’est le parfait endroit pour faire une halte.
La vue me laisse sans voix, Grenoble semble au ralentit, au loin les courbes du plateau du Vercors et de la chaine de Belledonne apparaissent sous les rayons du soleil. Un sentiment de liberté m’imprègne. Les tracas de la ville s’évanouissent. La végétation abondante et la couleur ocre de la terre contrastent avec le béton de la ville morose.
Lorsque ma respiration commence à ralentir je me rends compte que la plupart des bruits de la ville se sont éteints. Il ne persiste plus que le son étouffé des sirènes. La nature prédominante. En fermant les yeux je peux entendre le vent, s’engouffrant entre les feuilles et les arbres se tordant sous l’effet du mistral. Le gazouillis des oiseaux peut se percevoir après quelques temps passés à rester immobile, nous transportant ainsi dans un autre endroit, bien loin de la civilisation.
De nuit le spectacle n’est que plus époustouflant, les rues de Grenoble s’illuminent et laissent apparaitre une carte. Allongé dans l’herbe je regarde le ciel, impossible de voir les étoiles mais mon regard reste perdu. C’est finalement la fraicheur et l’obscurité quasi-total qui me font sortir de mon état de réflexion.
Ma méditation se rompt au passage des randonneurs et des quelques coureurs téméraires s’attaquant à un terrain périlleux. Le vent frais me donne des frissons, pas étonnant après avoir couru et s’être arrêté si longtemps. Je n’ai pas vu le temps passer. Il est temps de rentrer, de retrouver la réalité du paysage urbanisé, temps de quitter l’argile pour retrouver la ville. Il faut redescendre.

30 seconde de pose sur une branche de chêne agitée

Dans son arbre perché

Quelques randonneurs entamant la redescente dans la pénombre.

Grenoble révélant ses rues à la tombée de la nuit