Carré 17

Carré d'étude réservé par Hector LOBBÉ


L’abandon à l’état pur.

C’est un dimanche d’octobre. Les feuilles sont toujours vertes, le ciel est légèrement couvert. Le cadre est paradoxal. Au nord, se trouve une ancienne université abandonnée, délaissée et tatouée de tags. Au sud, on peut voir le centre de Grenoble.
Je cherche l’entrée de l’université. J’avais l’impression que ce lieu était inaccessible. En entrant, je suis subjugué. Cet endroit est un musée, voir une galerie de graffitis. Plus on avance, plus on en découvre. Il y en a de tous types, des grands, des petits… Je ressens comme un sentiment de liberté, mais aussi d’adrénaline. Les artistes ont sûrement dû venir de nuit. Le bâtiment, lui, complètement nu, ses murs sont dégradés. Trois garçons rentrent à leur tour. Ils ont l’air heureux d’être ici. Ils semblent libres, épanouis. Ils s’approprient le lieu comme s’ils étaient chez eux. Je monte sur le toit. La vue est plus qu’impressionnante. Je me rends compte que la nature reprend petit à petit ses droits, mais c’était sans compter l’intervention des hommes de chantier. Soudain, une petite brise vient faire chanter la végétation.
Toujours un dimanche, cette fois en décembre. Le temps n’est pas très joyeux. Il fait froid, le soleil s’est caché, et le brouillard s’est invité dans mon expédition. Quand j’arrive, tout est fermé. Il se pourrait bien que les travaux de rénovations aient repris. Les ouvriers ont tout barricadé. Il y a même des caméras maintenant. Plus personne sans autorisation ne peut entrer dans l’ancienne université. J’entends alors, par le biais de centaines de gouttes qui tombent, la neige du toit qui fond à l’intérieur de l’édifice. La réverbération due aux murs en béton accentue ce sentiment d’abandon. Deux jours plus tard, les ouvriers travaillent. Les bruits des travaux résonnent. La réverbération fait encore des siennes. On l’entend cinq cents mètres plus bas.
Ça semble être une boucle. Les bâtiments sont construits, abandonnés, puis rénovés, et ceci devient rapidement un cercle vicieux.

Les travaux résonnent dans les entrailles de l'université

L'université abandonnée surplombant les têtes grenobloises.

Le brouillard et la nature viennent cacher certains des obstacles mis en place contre les tagueurs.

Joli ressemblance entre la liberté de la nature et la liberté d'expression, ne trouvez vous pas?