Carré 150

Carré d'étude réservé par Inès RENIER


La richesse de la forêt

Après 17 min de voiture depuis la galerie de l’Arlequin, nous voici à l'entrée de la forêt d’Échirolles.

Un long sentier: rocheux, escarpé et orné de feuilles de châtaigniers.

Plutôt haut sur patte, un chien se balade seul, un second, en laisse traîné par ces maîtres, puis un bruit lointain de sonnette de vélo ; et en face, du bout de leurs doigts, les jeunes enfants explorent curieusement la composition des marrons au sol.

Ici, tout ce qui compose l’environnement se ressemble et pourtant rien n’est identique. Le sentier est irrégulier, tassé par de la terre foulée par les pas de ces visiteurs, tantôt une bosse, puis un long virage, et enfin un panneau indicateur artificiel qui rompt avec le paysage : avaient-ils peur qu’on puisse se perdre ?

L’odeur est de plus en plus prononcée, une infusion délicate de terre humide, herbe fraîchement coupée, feuille en décomposition se diffuse autour de nous en ce dimanche pluvieux. Transporté, c’est comme si nous avions quitté tous notre train de vie habituel de la ville, que nous étions dans un autre lieu, qui nous semblait si loin.

À notre arrivée, toujours cette même sensation : c’est un émerveillement. Désormais seule dans ces bois, or des sentiers battus, avancer prend une autre dimension. Fermons les yeux. Le craquement des branches mortes sous nos pas, le vent qui fait frémir les feuilles des plus hautes branches : la pente est raide, un rocher, contournons le par la droite, mince, les trous de sangliers, prenons plutôt à gauche, un passage de ronces, tant pis, ma veste est troué.

Rien ne nous rappelle notre ancien chez nous : n’était-ce pas cela que nous venions chercher ?

C’est un lieu précieux.

Écoutez. Leurs mélodies résonnent parmi les branches dénudées. Une nouvelle harmonie rythmant délicatement l'immensité de la forêt.

Levez les yeux. Un motif unique, aux couleurs vives, en ce lieu précis, à 11h47, ce samedi 17 octobre.

Admirer attentivement cette souche. Un simple rayon de soleil, en cette fraction de seconde, permet à de nouveaux êtres de prendre place.

Regarder ou vous marchez. Un temps pluvieux la veille, et chacun peut laisser la trace de son passage, mais pendant combien de temps ?