Carré 145

Carré d'étude réservé par Rachel BOYER


Contrastes et nuances

Nom du lieu : Forêt d'Échirolles

La première fois que l'on s'y aventure, cette parcelle de la forêt peut nous apparaître boudeuse. La verticalité des arbres et son feuillage donne un sentiment de domination et les chemins étroits, glissants et escarpés semblent nous dissuader d'essayer de dompter l'indomptable. Cependant, dans une marche qui se veut lente et prudente, on atteint peu à peu son cœur. Le premier ressenti qui nous traverse est l'envie de nous incliner au fur et à mesure de cette ascension. Mais d'où vient- il ? Il y a d'abord ce feuillage épais, transpercé de ça et là, par quelques rayons de lumière diffuse que seuls les jours pluvieux peuvent nous offrir, formant un dégradé lumineux qui s'assombrit en s'abaissant. Perdus, sans nos repères dans cette densité verte, on cherche, du regard, quelque chose se dissociant de cette abondance, à laquelle on pourrait se raccrocher. Mais, devant cette homogénéité, on se laisse porter par ses autres sens. Alors, on ferme les yeux et l'on s'abandonne à cette symphonie singulière. Les gouttes de la dernière pluie tombent de feuilles en feuilles dans un bruit qui s'entremêle avec le chant des oiseaux, rythmant ainsi notre excursion. Mais, nos foulées dans ses feuilles mortes nous pousse à regarder vers le sol, la raison de ce gargouillis venant déranger cette étrange mélodie. Invités à s'ouvrir à nos sens, nous continuons notre expédition en se penchant désormais sur le toucher. En effet, même s'il n'est pas autant présent et discernable que le son, l'air joue son rôle dans cette atmosphère. Abrités sous ce toit végétal, le vent ne s'y engouffre pas et nous profitons ainsi d'une fraicheur et humidité singulière.
Et ce n'est que lorsque l'on décortique l'expérience sensorielle que nous offre cette forêt que nous atteignons enfin le second ressenti se caractérisant par une sensation de protection. Nous avons l'impression d'y être enveloppé comme dans un cocon. Néanmoins, le bruit des cloches semble nous rappeler vers le brouhaha de la ville.

Dégradé en vert majeur

Gouttes de la dernière pluie

La forêt étoffée d'un camaïeu de vert