Carré 14

Carré d'étude réservé par Quentin ROSSI


Au détour d'une virage

Petite parcelle au détour d’un virage, l’ascension fut longue pour y parvenir mais quelle surprise à l’arrivée. En dehors du chemin menant au fort de Bastille en plein tournant dans la montée, un passage sous les arbres, un muret dessinant une entrée nous incite à emprunter le semblant de chemin menant à la dite parcelle. Un sentier presque effacé entre les branches et la lumière diffuse de la canopée des chênes et des arbousiers. Une fois sur le sentier, on avance péniblement au travers de la végétation. Une odeur de mycélium et d’humidité nous emplit les narines, on entend au dessus de nous le croassement des corbeaux et des corneilles. Tous nos sens sont mobilisés en ce lieu. Au bout d’une vingtaine de mètre le sentier se stoppe net et laisse place à une paroi rocheuse jonchée de verdure et diverses fleurs. En levant les yeux les corbeaux laissent place à une paire de câbles, surprenant, en le parcourant du regard on aperçoit un téléphérique. Maintenant en tendant l’oreille on distingue que depuis le début la ville était toujours là, discrète mais présente par le tumulte de son activité.
Une fois la paroi gravie on arrive sur une pente à l’air libre, le vent souffle fort ici. Je m’arrête, m’assois sur une grosse pierre pour l’admirer le spectacle qui se joue derrière moi. Une vue imprenable sur la ville de Grenoble et de lointaines montagnes, le tout cadré par le Vercors et des sommets enneigées. On se sent submergé alors par l’immensité du paysage après être resté abrité sous l’ombre des arbres. On y voit les immeubles qui se surplombent les uns les autres parfois entremêlés d’arbres, on entend aussi le klaxon des voitures et du tramway, l’activité urbaine en somme. Tout cela en étant assis dans l’herbe.
On assiste là à un florilège de sensations visuelles, olfactives et sonores. À cheval entre l’agitation de la ville et le silence naturel.

Plus l'on avance moins l'on voit où l'on va.

Jeu de texture

Vue surplombante