Carré 132

Carré d'étude réservé par Léo LEVY


Les lauriers de la rue Lucien Sampaix

Nom du lieu : Rue Lucien Sampaix

La rue Lucien Sampaix est une petite allée tranquille entre les lotissements, aux trottoirs étroits et au goudron fatigué. Les promeneurs y passent pour se rendre à la frange verte. Les résidents rentrent chez eux en voiture, ou à vélo. Personne ne s’y arrête… Les maisons s’entassent, mais chacun fait comme s’il était seul au monde, se cachant derrière des haies, des portails, des barrières, comme par déni des autres. Les lauriers en particulier ont par leur hauteur quelque chose de paradoxal. Déjà, ces buissons taillés n’ont plus grand-chose de naturel. On y voit surtout des objets, façonnés par l’humain afin de venir grappiller quelques centimètres de propriété sur la route. Leur rôle est surtout de rompre le vis-à-vis, afin de préserver un peu d’intimité dans cet amoncellement de maisons, mais ces haies bien trop hautes viennent ainsi masquer le paysage. C’est donc relativement frustrant, en arrivant dans cette petite rue, de ne voir un panorama constitué que de lauriers alors que l’on peut entrevoir la beauté des montagnes ou de la colline adjacente dans d’étroites percées. Cette frustration est accentuée par l’ambiance sonore : on entend des choses — des oiseaux ou des enfants qui jouent — que l’on ne voit pas. Ces bruits sont rapidement noyés par le bruit du moteur d’une voiture qui passe, l’odeur du gazole et la chaleur aride du goudron, qui replongent cette rue dans sa banalité. Le contraste est étonnant entre ces maisons ou l’on protège jalousement ses quelques mètres carrés d’intimité, et la barre d’immeuble qui pointe à une cinquantaine de mètres, fourmillant de centaines de vies ; c’est deux modes de vie qui s’opposent.

C’est une rue semblable à mille autres rues. Elle est essentiellement fonctionnelle, et pourtant on peut voir une certaine poésie à travers certains détails : une tige qui se fraye un chemin à travers le sol craquelé, la haie qui mange progressivement un panneau, un portail rouillé qui grince… C’est le charme banal de la rue Sampaix.

Vidéo tournée le 22 octobre 2020 dans la zone n°132 du Transect.

La rue est sur le chemin des promeneurs qui se rendent au parc de la frange verte.

Des lauriers épais bordent les maisons, marquant une frontière nette entre la voie publique et les propriétés privées. Ils masquent le paysage.

La rue est conçue pour la voiture : les espaces destinés aux piétons sont étroits et la route très large.