Carré 131

Carré d'étude réservé par Laurine KHAOU


L'oxymore en une rue

Nom du lieu : L'impasse de la rue Paul Langevin, Grenoble

Dimanche 18/10 à 15h. Le ciel bleu, nuageux. La température, agréable.
Je m’avançais vers ma zone d’étude. Arrivée devant la rue, je ne reconnais pas l’endroit décrit par mes photos de référence. Confuse, je fis le tour du quartier avant d’y retourner et de m’y aventurer.
Un sol goudronné, rugueux, brouillon, envahi par la flore. Un poteau en bois, moisi, fendillé, verdâtre. Un grillage, fléchi, entortillé par du lierre. Des barreaux, rouillés. Des murets tachetés, fissurés, couvert de mousses. Je ne suis pas à l’aise. Je me sens oppressée par l’ambiance sinistre de la rue à l’allure d’un long couloir infini.
A ma droite, un jardin abandonné, façonné par de longues herbes sèches, courbées par le vent, de grosses branches d’arbres ayant cédées sous leur charge, un arbre, dénudé de son feuillage. Le temps paraît figé et l’endroit, délavé de sa couleur.
En avançant à reculons, je perçois de grands jardins sur lesquels jonchent un bric à brac d’objets dénués de leur fonction. Cependant, l’atmosphère est plus chaleureuse. On sent qu’ici, la vie est spontanée, colorée.
Au bout de la rue, une impasse. Je tombe sur deux grandes résidences. Celle de gauche attire mon attention. Sa couleur pastel la met en avant dans cette allée aux aprioris lugubre. Elle s’entoure d’un potager parfaitement arrangé, d’un majestueux sapin, bordé de cyprès et d’arbres fruitiers inaccoutumés. Mais aussi d’une parcelle de jardin, au style japonais occidentalisée, au ton orangé, rappelant l’arrivée de l’automne. J’ai comme atteint la « lumière » au bout du tunnel. La rue semble s’être éclaircie, espacée. Je suis apaisée, j’entends désormais le chant des oiseaux.
Jeudi 22/10 à 9h, le ciel gris, lourd. La température, glaciale.
Je rencontre le voisinage de la rue Paul Langevin. L’un, rentré 20 min plus tôt, cultive son potager, tandis que l’autre sort téléphoner sur son balcon. Après un vif échange, ils s’intéressent à mon travail et comme pressenti, on m’informe qu’il s’agit d’un coin bien calme…

une cohabitation sereine entre les hommes, les oiseaux et les véhicules

"un long couloir infini",
le chemin semble s'enfoncer au fin fond de la forêt

"un bric à brac"
des restes de tuiles, de parpaings, de barres de fer empilés dans un chaos, envahi par le lierre

"une parcelle […] au style japonais occidentalisée, au ton orangé"
une composition paysagère minutieuse