Carré 123

Carré d'étude réservé par Romain MONTCEAU


Grande solitude

Nom du lieu : Avenue de Grugliasco, 38130 Échirolles

Jamais je ne serais venu en ce lieu si cette immersion ne m’avait pas été imposée.
Cet espace est à première vue uniquement un lieu de passage sans intérêt. La vie semble monotone, les bruits et les trajectoires se répètent et nous font entrer dans un cercle infernal qui nous domine et nous fait nous sentir petits, insignifiants. On se sent écrasé par le brouhaha incessant des véhicules. Par ailleurs peu de piétons, peu de vélos empruntent la voie qui leur est dédiée. Je me sens seul ; les rares personnes que j'ai eu la chance de croiser marchaient en regardant le sol l'air déprimé sous leur masque. Je les comprends, à quoi bon lever la tête il n'y a "rien" à regarder.
Le premier sentiment que j’ai ressentis à mon arrivée était de vouloir fuir, traverser rapidement cet espace pour me retrouver à nouveau dans un lieu où je pourrais respirer et où la joie de vivre battrait son plein. Je me sens happé par ces sons et ces vibrations qui semblent vouloir rentrer dans ma tête et ne plus en ressortir. Je ne pense plus, j’entends uniquement, je n’ai pas le choix.
Si je ferme les yeux je peux clairement ressentir le rythme dicté par la signalisation, je distingue les différents flux de circulation, voiture, bus, samu. Par moment un son plus aigu, plus grave, différent, casse cette monotonie et brise l’espace dans lequel nous nous trouvons.
C’est le déclic tout ne semble alors pas si fermé, pas si prédéfini, on commence à étudier les détails, regarder le paysage. On l’observe en levant la tête comme s’il fallait voir plus loin, se déconnecter, c'est une vrai échappatoire comme une bouffée d’air frais.
Au fur et à mesure de la journée, cet espace se transforme ; il possède plusieurs visages avec un rythme propre à chacun. Le soir, quand le rythme ralenti tout est différent, tout est si calme et apaisant, les lumières nous accueillent chaleureusement, rien ne correspond à la vision précédente, la folie s’est arrêtée et pourtant seulement quelques heures se sont écoulées.

Au milieu des véhicules, les vibrations, les odeurs, les bruits sont omniprésents et nous oppressent.

Les feux tricolores ressortent en ce temps grisailleux, ce sont eux qui dominent l'espace.

Le paysage apparait au loin, il semble nous appeler et nous fait oublier que nous sommes au milieu d'une zone à fort caractère urbain.

Les lumières nous guident et décomposent l'espace en un tout autre lieu plus chaud et plus apaisant.