Carré 110

Carré d'étude réservé par Mina TARGHAOUI


La rose rose.

Nom du lieu : Parc Maurice Thorez, Échirolles.

J’ouvre mes yeux, je vois ce vaste espace recouvert de pelouse, espace qu’on appellerait jardin. La pelouse est collante et retient mes pas. Ce jardin est encerclé par des arbres entourés d’immeubles. On se croirait sous un dôme à la frontière imperceptible, entre le sommet des arbres et le ciel. Je me situe maintenant à l’entrée de ce parc Maurice Thorez à Échirolles. Se trouvent derrière moi plusieurs immeubles, lieux de vie de nombreuses personnes. Des jeunes, des moins jeunes, des étudiants, des travailleurs, des hommes, des femmes… Eux-mêmes qui empruntent ce parc chaque jour. À ma droite se trouvent des enfants qui rentrent de l’école à côté d’eux une femme qui court et non loin un père avec une poussette. Cette diversité est silencieuse. Nous nous respectons à distance, distance que les masques chirurgicaux nous imposent. Ma réflexion est bercée par l’écho du chant des oiseaux qui se heurte contre les parois des immeubles. Tout comme les cris des enfants que j’entends mais que je ne vois pas. Le vent refroidit l’espace et le silence en devient pesant. Je n’ose pas faire le moindre bruit. Comme l’impression que mes chuchotements perturbent cet équilibre fragile. La nature prend le dessus et je ne me sens pas à ma place. Cet espace est froid. Un écureuil surgit de nulle part et me sors de mes pensées. Rapidement, je le suis. Je suis émerveillée et lui effrayé. Un rapport de forces s’établit. Il finit par grimper dans un arbre pour disparaître dans les feuillages. Je sors du parc, l’esprit ailleurs. Les feuilles crépitent sous mes pas, je rejoins le sol goudronné du parking. L’ambiance change dès l’instant où j’en franchis le seuil. Me voilà face aux immeubles pas très hauts et pas très chaleureux non plus. Mais ce jour-là le soleil est de la partie. Il réchauffe ces vieilles façades éteintes et projette l’ombre d’un arbre. Il ravive les couleurs d’une rose rose. Je ferme les yeux pour profiter du soleil et de cette plénitude.

Le vent caresse les feuilles sous le chants des oiseaux et les cris des enfants. Le vent souffle et nous plonge dans un silence inconfortable.

Une façade froide dissimulée dans l'ombre du jour qui se couche et de la végétation des arbres qui tend à disparaître avec la venue de l'hiver.

Les arbres ne peuvent dissimuler cet immeuble tant le soleil lui redonne vie.

Un élégant contraste entre les fleurs et la façade qui renvoie au contraste du parc avec l'ensemble des immeubles. La rose rose ravive l'espace.